Eric Woerth, ministre du budget, a rencontré début juin à Bruxelles le commissaire au Marché intérieur Charlie McCreevy. Ce dernier a déjà émis des critiques musclées concernant le monopole de la Française des Jeux et du PMU sur le secteur des paris en ligne. Ce sujet épineux embarrasse la France à la veille de sa prise de la présidence de l'Union européenne. Le projet d'ouverture « maîtrisée » présenté à Bruxelles fait suite à l'ouverture d'une procédure d'infraction contre la France en juin 2007, la commission ayant jugé que les monopoles français sur les jeux d'argent sont contraires aux règles européennes sur la libre prestation des services. Le projet présenté par la France fait un pas en avant en autorisant l'ouverture des paris sportifs, le PMU, et le poker mais reste bien campé sur ses positions en ce qui concerne les jeux de loterie et les machines à sous. Le calendrier n'est pas encore officiellement fixé mais déjà il semble que l'échéance la plus probable sera au mieux pour la mi-2009. Le texte officiel devrait être discuté de façon imminente par le conseil des ministres avant d'être intégré directement dans le cadre de la prochaine loi de Finances. L'ouverture progressive des jeux d'argent en ligne s'accompagnera de la création d'une haute autorité de régulation des jeux qui statuera en toute indépendance sur les demandes d'autorisations émanant des opérateurs étrangers et français. Les critères d'autorisation seront stricts afin de garantir la France contre le blanchiment d'argent, les fraudes et le jeu excessif. L'ouverture du marché des paris en ligne en France pourrait bien faire exploser les offres et les recettes générées. Selon les dernières estimations de l'association européenne EGBA qui regroupe les principaux opérateurs privés de jeux et paris en ligne, le marché européen des jeux en ligne est en plein essor. Il devrait atteindre 9,5 milliards d'euros en 2012 contre 4,4 milliards seulement en 2006.