RACHAT DE CREDIT, cas de monsieur Jocelyn

Il était marié à madame Simone et ils ont eu un enfant, qui a maintenant neuf ans. Pourquoi « était » et non « est » ? Tout simplement parce que le couple a récemment divorcé. Nous allons revenir en arrière pour voir quelle est la relation entre son divorce et le rachat de crédit. Monsieur Jocelyn et madame Simone se sont mariés en mille neuf cent quatre vingt dix sept. Ils ont vécu ensemble avant de se marier. Monsieur Jocelyn est embauché à vingt sept ans dans une PME (petites et moyennes entreprises), et madame a toujours travaillé comme professeur d'anglais dans quelques collèges et lycées de Paris. Après leur mariage l'ex-couple procédait, comme la plupart des ménages, à l'amélioration de leur niveau de vie, à la recherche du confort matériel. S'équiper intérieurement, essayer de vivre confortablement, tels sont les désirs d'un jeune ménage. Le couple satisfera les leurs petit à petit. Ils parviendront à un niveau de confort acceptable pour une vie familiale moderne et normale au bout de quelques années, vu que leurs revenus respectifs sont un peu trop justes. Le couple fait en même temps un effort d'épargne mensuelle, comme le font des millions de travailleurs et de ménages. Epargner, économiser, dans le but de pouvoir disposer d'une somme d'argent le moment venu. Dans cette optique, le financement de tous les achats se basent donc sur une autre source d'argent : les crédits. Ceux-ci sont des avantages offerts aux citoyens pour qu'ils puissent facilement satisfaire leurs besoins matériels. Lorsque monsieur Jocelyn et madame Simone ont estimé que leur confort intérieur est assez acceptable, ils ont cherché à posséder une voiture, cette machine qui a bouleversé la société. Elle procure à son propriétaire des avantages multiples. Elle est parfois aussi symbole de réussite sociale au même titre qu'un bien immobilier. Il y a trois ans donc, monsieur Jocelyn a voulu acquérir une voiture par le biais d'un achat à crédit, le système de la « location avec option d'achat », que tous les concessionnaires proposent à leur clientèle. Le paiement d'un « premier loyer » assez élevé est obligatoire avant de disposer du véhicule. Ensuite cinquante neuf autres petits loyers devront être payés mensuellement pendant plus de quatre ans. Sur un tout autre plan, la vie de couple de monsieur Jocelyn et de madame Simone, qui sont déjà devenus père et mère, n'est pas au beau fixe. Les époux s'entendent de moins en moins. Tout n'est plus qu'apparence. Pourtant, ses problèmes de couple ne semblent pas préoccuper monsieur Jocelyn. Il continue de s'occuper de leur confort intérieur, ou plutôt de plus en plus du sien, tout ce qu'il fait n'avantage plus tellement que lui-même. C'est un mari et un père presque absent, du point de vue psychologique, affectif, et même financier. Il assume de moins en moins son rôle familial et ne songe qu'à ses propres intérêts. Le couple ne se parle même plus quelque fois. Un an et demi après que la famille ait acquis leur voiture, monsieur Jocelyn voulut encore se payer une chaîne de luxe qui coûte une quinzaine de milliers d'euro. Il est presque excentrique. La vie de sa famille est contradictoirement moins luxueuse que cette chaîne, mais il n'en fit qu'à sa tête. Surtout que pour financer cet achat il a pris un crédit spécifique : le crédit affecté. Il a pris sa décision sans en avoir parlé à sa femme. Leur enfant a pourtant besoin de vacances parce qu'il n'en a jamais eu alors qu'il travaille bien en classe. Sa mère en est écoeurée. Elle demande le divorce, tout simplement. Monsieur Jocelyn ne refuse pas un seul instant, d'ailleurs il a souhaité en arriver là. Quelques mois seulement après, le divorce est prononcé, et madame obtient la totalité de leurs économies, et monsieur Jocelyn paiera évidemment une pension alimentaire pour son fils. Monsieur Jocelyn est le plus lésé dans ce divorce puisqu'il a à charge le crédit voiture et le crédit affecté. Pour assainir ses finances, l'homme a recouru au rachat de crédit, qui lui a permis de regrouper ces deux crédits dans un seul, dont la mensualité de remboursement est réduite de cinquante cinq pourcent. Il devra la payer pendant sept ans. De son côté, madame Simone se reprend avec son fils. Elle a pu trouver un travail rémunérateur. Sans le rachat de crédit, monsieur Jocelyn aurait eu un grand mal à se sortir d'une situation financière qui aurait pu l'étrangler. Mais tout ce qui lui arrive n'est que l'aboutissement de ce qu'il a commencé. A commencer par son ignorance intentionnée de leurs problèmes conjugaux quand ceux-ci n'étaient qu'à leur début
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